Trouve le bon type de narrateur !

Et si tu n’avais pas le bon type de narrateur ? Tu as sans doutes déjà eu une idée incroyable du c*l. Tu l’as vue germer dans ton esprit, se développer en multiples branches et fleurir avec la magnificence d’un cerisier en fleur – métaphore arboricole activée ! MAIS zéro fruits à l’arrivée. Tu n’arrives à rien sur le papier. Ça te casse la tête. Tu as envie de te rouler par terre en tapant des pieds tellement ça te tue à l’intérieur de ne pas être capable de mettre ton idée en mots.

Craquage.

Respire.

Prends un anxiolytique.

Respire...

On retourne aux bases. Je te propose trois solutions :

1. Trouve le bon type de narrateur ! (T’es dessus, ne bouge pas).

2. Trouve ta voix !

3. Trouve ton personnage principal !

Allez ! On commence la recherche du type de narrateurs qui te correspond ! Promis, c’est pas une partie de « Où est Charlie ? », ce sera plutôt un peu de sagesse de Yoda saupoudrée d’une pincée de cours de français.

Ton type de narrateur avec acuité, tu choisiras.

Comme tu le sais sûrement déjà, il existe trois types de narrateurs : omniscient, interne et externe. Selon ton choix, ton récit prendra des formes différentes.

Je m’explique.

Les types de narrateurs : le narrateur omniscient

Le narrateur omniscient voit tout et sait tout. Son savoir va des pensées secrètes des personnages au pet d’une mouche dans une temporalité alternative. En clair, c’est l’équivalent de Dieu dans le récit.

Omniscient, bitches.

Les + d’un narrateur omniscient :

  • Aller dans la tête de tous les personnages ;
  • Raconter les événements selon le point de vue du personnage qui t’arrange ;
  • Donner aux lecteurs un sentiment de supériorité puisqu’ils en savent plus que le héros sur ce qui se passe.

Les – d’un narrateur omniscient :

  • Tes lecteurs peuvent être totalement perdus à force de changer de point de vue ;
  • Tu dois jauger la quantité d’info à donner aux lecteurs et le timing ;
  • Un grand pouvoir entraîne de grandes responsabilités et c’est vachement plus dur de rester sur les rails quand on peut vraiment tout montrer.

Alors si tu as besoin de limites pour ne pas t’éparpiller dans tous les sens, je te conseille le narrateur interne.

Les types de narrateurs : le narrateur interne

Le narrateur interne adopte le point de vue d’un personnage de l’histoire. Il ne perçoit que par ses yeux. Sa perception est donc limitée à l’expérience d’un seul personnage.

Les + d’un narrateur interne :

  • Il est plus facile de construire une histoire si on n’a qu’un point de vue à gérer à la fois ;
  • Si ton narrateur est indigne de confiance, tu peux totalement tromper tes lecteurs ;
  • Tu renforces le lien d’identification entre ton personnage point de vue et les lecteurs.

Les – d’un narrateur interne :

  • Tu vas devoir faire preuve de créativité pour apporter des informations dont ne dispose pas ton personnage point de vue : écouter aux portes, se trouver pile au bon endroit au bon moment, avoir des alliés très informés…
Espionner
  • S’il n’y a pas coup de foudre instantané entre ton personnage point de vue et les lecteurs, ils risquent de reposer le livre.

Il me reste à te présenter le narrateur externe mais entre nous, c’est un cas rare dans la littérature. Mais bon… pour l’amour de la culture, le voici :

Les types de narrateurs : le narrateur externe

Le narrateur externe n’appartient pas à l’histoire et n’en connait pas tous les aspects. On se trouve plutôt dans un dispositif où il/elle a entendu une histoire qu’il raconte aux lecteurices. Ce genre de dispositif relève du topos du « manuscrit trouvé ». Genre, tu te balades dans un marché Andalous et tu tombes sur les aventures de Don Quichotte. Ou, tu hérites d’un château glauque après la mort suspecte d’un parent éloigné et trouve son journal intime… Ce genre de trucs.

Château flippant

Les + d’un narrateur externe :

  • Il occupe virtuellement la même place que les lecteurs dans le récit. C’est immersif ;
  • Les lecteurs développent une connivence avec lui, ils partagent ses impressions/déductions sur le récit à mesure qu’ils le découvrent.
  • Ce narrateur est souvent un peu bébête afin que les lecteurs se trouvent en position de supériorité.

Les – d’un narrateur externe :

  • Il va te falloir trouver un dispositif crédible et lier l’histoire du narrateur à celle découverte dans l’autre récit afin de créer une mise en abîme vertigineuse qui fera exploser le cerveau des lecteurs (si le tien ne lâche pas avant).
  • C’est un dispositif assez artificiel jugé « cliché » mais osef, tu fais ce qui te plaît !

Alors revenons à nos bases ! Il existe des millions de raisons d’être bloqué.e quand on écrit. Parfois, ce sont des petits problèmes d’intrigues ou de personnages. D’autres fois, c’est plus gros, c’est dans la structure-même de l’histoire et tu flippes, parce que tu sais que la solution c’est de tout foutre en l’air et recommencer. Mais avant d’en arriver là, fais un check-up des bases. C’est les trucs que l’on fait sans réfléchir. La première étape, c’est de vérifier si tu as choisi le bon type de narrateur.

Du coup, as-tu trouvé ton type de narrateur ? Tu veux en savoir plus ?

Couverture de Figures III, un essai de Gérard Genette.

Plonge-toi dans l’essai de référence sur la question : Figures III de Gérard Genette.

With love ♥

I.H.

2 réponses

  1. Le narrateur externe c’est super compliqué je trouve.
    Par contre, je m’interroge. Est ce que ça peut être un narrateur interne 95% et 5% d’omnicient ?

    1. Ce qui est sympa avec le narrateur omniscient, c’est que tu peux te permettre un peu ce que tu veux. Après le problème c’est que si tu as habitué tes lecteur.ices à un narrateur interne, passer à l’omniscient va les déstabiliser et les sortir de ton histoire.

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