Commence par un one-shot !

Tu viens d’avoir cette idée géniale ou tu la tournes et retournes dans ta tête depuis des années et tu es enfin prêt.e à te lancer ! Le feu divin anime tes doigts sur le clavier (ou la feuille si tu es une vielle âme) et tu te laisses porter par les muses. Derrière toi, tes meilleur.e.s potes agitent des pompons colorés et font des chorégraphies de cheer-leaders à chaque fois que tu finis un chapitre. Tu es instoppable.

Repose ce clavier tout de suite ! Les mains bien en vue ! C’est bien… Un incident de stylo est si vite arrivé…

Avant de te lancer à corps perdu contre un mur que je connais bien. Pose-toi, range tes rêves dans un coffre-blindé parce que je vais tirer à balles réelles. Mais quelqu’un doit le faire. Il vaut mieux que ce soit moi que des commentaires Amazon qui détruiront ton ego à jamais. Crois-moi, j’aurais aimé qu’on me donne ces conseils quand j’ai débuté… T’as pris ton anxiolytique ? Alors on peut commencer !

4 raisons pour commencer par un one-shot

1) Ton premier roman sera mauvais, vraiment mauvais et même si quelqu’un le publie (ce qui m’est arrivé) tu en auras honte jusqu’à la fin de tes jours. Alors, commence par un one-shot.

2) Ton premier roman sera mauvais (ouais, j’insiste, c’est comme ton premier dessin d’une maison, t’as fait de ton mieux pour tes 3 ans mais c’est pas encore un plan d’architecte). Alors ne te lance surtout pas dans une série en plusieurs volumes parce que tu ne les vendras pas et tu auras perdu ton temps pour rien. Alors, commence par un one-shot.

3) Ton premier roman sera mauvais, non pas parce que tu es un.e mauvais.e auteur.e mais parce que tu es un bleu, tu es au tout début de ton apprentissage et en grand.e maso insatiable tu t’es lancé.e dans un domaine où il n’y a ni règles, ni recette miracle qui garantira ton succès.

4) Ton premier roman sera la première impression que tu laisseras à tes lecteurs. Alors s’il est naze, tu seras estampillé « auteur.e naze » et même si tu écris des chefs-d’œuvres par la suite, l’étiquette restera collée sur ton front. Peu de lecteurs accordent une deuxième chance à un auteur qui débute.

Maintenant que tu es initié.e aux mystères de l’univers, passons aux choses sérieuses.

Commence par une nouvelle !

« Quoi ? Mais tu viens de dire de commencer par un one-shot maintenant faut écrire une nouvelle, arrête d’embrouiller mon cerveau blablabla. »

J’entends tes pensées derrière ton écran. Calm down bro/sista.

Je m’explique.

Tu vois cette idée qui est l’œuvre de ta vie ? Mets-la de côté pour le moment. Tu t’y attaqueras quand tu auras l’expérience nécessaire pour en faire une histoire de ouf. Là, jeune sauterelle, t’es en phase de farming pour amasser l’expérience qui te manque. On se lance pas à l’attaque du boss final avec un cure-dent et un slip troué. On fait le taf de larbin d’abord pour s’acheter une armure et une épée. Je vais t’expliquer comment progresser dans le game.

Niveau larbin : Écris 10 histoires courtes. 15 000 mots. Ce sera l’occasion d’apprendre à être succint.e, à apprivoiser tes univers et tes personnages et à expérimenter des trucs. Poste tes histoires courtes sur des sites comme Wattpad, FictionPress ou Fyctia et vois si tu es lu.e et prends en compte les retours des lecteur.ice.s.

Niveau écuyer : Écris une (fan)fiction au long cours (20 chapitres) à raison d’un chapitre par semaine et tiens jusqu’au bout. Le secret est d’avoir des chapitres d’avance avant de commencer à poster. Vois si tu es lu.e et prends en compte les retours des lecteur.ice.s.

À ce stade, tu dois avoir quelques lecteur.ice.s fidèles et avoir fait la connaissance de plein de gens cools en ligne. Trouve la personne la plus difficile à contenter en termes de lecture et implore-la de devenir ton/ta bêta-lecteur.ice. Avoir des amis qui flattent ton ego c’est bien pour booster ta productivité mais le secret pour s’améliorer c’est de s’entourer d’une personne sans aucun tact qui te diras exactement où tu as merdé.

Niveau chevalier : Écris ton premier one-shot. Envois-le à ta/ton/tes bêta et attends le.s retour.s. Tu as le droit de te draper dans ta dignité d’auteur et de contester les critiques qu’on te fera mais au final, les lecteur.ices font loi. Plus tôt tu le comprendras, moins tu auras de désillusions. De plus, une critique ne vient jamais de nulle part et même si un bêta n’est pas capable de te dire d’où vient le malaise, il faut que toi, tu parviennes à l’identifier.

Niveau héros : Tu as gagné et mérité tes gallons. Maintenant lance-toi dans ta saga et que la chance suive tes pas !

Voilà, le voile du secret est à présent levé. Tu peux prendre mes conseils en considération, les jeter à la poubelle ou faire avec un collier de fleurs, peu importe. Cet article est un peu une lettre à moi-même, au moi-même naïf qui a passé 5 ans à écrire des fanfictions au rythme d’un chapitre par semaine avant de se lancer dans l’écriture de L’Heureux élu, vraiment ? Et j’aurais vraiment aimé que quelqu’un me refrène et me dise de commencer par un one-shot pour me faire la main avant de me lancer dans un projet aussi ambitieux. J’adore cette saga, j’adore ses personnages. Mon seul regret est de m’y être attaquée avant d’avoir atteint un top niveau en écriture. Mais j’ai énormément appris et évolué en l’écrivant et elle gardera toujours une place spéciale dans mon cœur.

Allez, on range les mouchoirs ! J’espère que cet article te sera utile et que j’aurai la chance de te lire !

With love ♥

I.H.

2 réponses

    1. Owiii des potichats ♥ Rien de tel pour adoucir la violence de mes paroles xD Chevalier, c’est très honorable ! Gros respect ! Hâte de lire ton space opera ♥

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