Level up ton personnage !

level up ton personnage !

Tu méprises les Mary Sue, ces personnages parfaits en tous points qui t’inspirent au mieux l’indifférence et au pire, une violente envie de fesser leurs joues métaphoriques ? Félicitations, tu es un.e lecteur.ice normal.e.

Le choix des caractéristiques du personnage principal est aussi primordial que l’idée de départ d’une histoire. J’oserai même dire que le choix du personnage est plus important que toute l’ingéniosité que l’on peut mettre à construire une intrigue.

Je m’explique.

Tu peux lire Madame Bovary parce que le personnage est grotesque. Elle est un étrange mélange de médiocrité et de grandeur et la narration est délicieusement drôle dès qu’on prend le temps de s’y attarder. Est-ce qu’il se passe quelque chose d’intéressant, des bouleversements, des retournements de situation, une fin inattendue ? Pas vraiment.

De l’autre côté du spectre, on a Les aventures de Sherlock Holmes. Certes, les enquêtes sont surprenantes mais au final c’est toujours la même recette : un cas impossible, des pistes, une déduction erronée et une révélation monologuée de Sherlock interrompue par les exclamations de surprise de son auditoire.

Qu’est-ce qui fait qu’on continue d’entretenir le mythe de Sherlock et un peu moins celui d’Hercule Poirot ? C’est simplement que Sherlock Holmes est plus fascinant en tant que personnage. Il est plein de défauts et de faiblesses et pourtant, il exerce ses capacités à faire le bien, plus ou moins.

Level 1 : Désir, faiblesse et transformation.

“In the vast majority of stories, a character with weaknesses struggles to achieve something and ends up changed (positively or negatively) as a result.”

« Dans la grande majorité des histoires, un personnage qui a un défaut lutte pour réaliser quelque chose et, en conséquence, finit par changer (de manière positive ou négative). « 

― John Truby, The Anatomy of Story: 22 Steps to Becoming a Master Storyteller Traduction Ilhem H

Dans son Anatomie du Scénario, John Truby explique que tout personnage nécessite deux choses : un désir fondamental et une faiblesse.

Le désir fondamental le poussera à agir. Ce peut être l’amour, la vengeance, la soif de savoir, rester en vie, peu importe.

La faiblesse est son saboteur interne. Le truc en lui-même qui se mettra en travers de sa route tant qu’il ne l’aura pas repéré et réparé. Cette faiblesse peut aussi bien être un défaut qu’une qualité et dans les meilleures histoires, c’est les deux à la fois.

“Any character who goes after a desire and is impeded is forced to struggle (otherwise the story is over.) And that struggle makes him change. So the ultimate goal of the dramatic code, and of the storyteller, is to present a change in a character or to illustrate why that change did not occur.”

« N’importe quel personnage qui cherche la réalisation de son désir et en est empêché est forcé de lutter (sinon l’histoire se termine). Et cette lutte le fait changer. Donc le but ultime des codes du récit et du conteur est de présenter la transformation d’un personnage ou de montrer pourquoi cette transformation n’a pas eu lieu. »

― John Truby, The Anatomy of Story: 22 Steps to Becoming a Master Storyteller Traduction Ilhem H

Si le héros parvient à surmonter sa faiblesse, il connaîtra une transformation qui le mènera à une meilleure connaissance de lui-même et probablement à un happy-ending.

Si le héros échoue à se transformer ou y parvient mais ne peut pas échapper à la fatalité, on entre dans le cadre du drame, de la tragédie ou de la comédie coincée dans une boucle temporelle type Les Simpson.

Level 2 : L’ennéagramme

Il est parfois difficile de bâtir des personnages réalistes et différents les uns des autres. C’est pourquoi, la psychologie a des choses à offrir aux auteur.ices dans la phase de construction des personnages.

J’ai découvert récemment l’ennéagramme qui est un modèle de structure humaine qui recense 9 façons de se définir.

Chaque « type » de personnalité a des qualités et des défauts inhérents à son pôle dominant. Ces traits peuvent être combinés avec les pôles secondaires et tertiaires attenants au type dominant et créer une infinité de variantes pour construire tes personnages. La classe, non ?

Plus d’infos : https://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

Level 3 : MBTI

À un niveau encore supérieur de complexité, il existe le fameux classement MBTI qui dénombre 16 types de personnalités. C’est une joyeuse combinaison de concepts et de lettres que je vous ai très grossièrement résumée dans ce tableau.

Plus d’infos : https://www.youtube.com/watch?v=0fGxJnd3F84

Comment ton personnage dépense son énergie ?(I)Introverti : besoin d’être seul, être avec les autres draine son énergie(E)Extraverti : besoin d’être avec les autres, la solitude draine son énergie
Comment ton personnage appréhende l’acquisition des savoirs ?(S)Sensation : sur du concret et des faits, des trucs qu’il peut toucher.(N)Intuition : sur des concepts et de l’abstrait, il est beaucoup dans sa tête.
Comment ton personnage prend des décisions ?(T)Pensée : rationnel sans prendre en compte les sentiments des autres(F)Sentiment : logique en prenant en compte les sentiments des autres
Comment ton personnage agit ?(P)Perception : YOLO, pas besoin de plan(J)Jugement : Planification méticuleuse

Exemple : Ton personnage a besoin d’être avec les autres et ne supporte pas la solitude (E). C’est pas vraiment un cérébral, il apprend en faisant, la théorie c’est pas son truc (S). Mais c’est aussi un grand sensible qui n’aime pas prendre des décisions qui feront du mal aux autres (F). Par contre, dès qu’il s’agit de monter un plan de bataille, très peu pour lui (P).

Ton personnage aura un type de personnalité ESFP.

Si tu veux en apprendre plus sur les types de personnalité, c’est par ici : https://www.16personalities.com/fr/types-de-personnalite

Le plus important :

C’est de créer un personnage complexe qui a des défauts mais auquel on est capable de s’attacher malgré tout. Rien de plus barbant qu’un personnage qu’on n’apprécie pas et qu’on est obligé de suivre.

Si on est capable de lier la faiblesse de l’héroïne ou du héros à l’intrigue et aux dilemmes auxquels il ou elle doit faire face, c’est là qu’on crée de la tension. De la vraie bonne tension qui fait avancer l’histoire.

C’est tout pour le moment sur le personnage mais on y reviendra bientôt pour approfondir la question. D’ici là, prenez soin de vous les darlings !

With love ♥

I.H.

2 réponses

  1. Quand tu parles de s’attacher aux personnages, ça me fait penser à 2 séries tv qje j’ak abandonné car même si j’adorais certaines personnages secondaires, je détestais l’héroïne.

    1. Je confirme que c’est difficile de suivre une histoire où ce qui arrive au personnage principal nous en touche une sans faire bouger l’autre comme on dit vulgairement… Je ne suis pas sûre qu’il y ait une recette miracle pour créer un personnage au top mais rien de tel qu’un.e ou plusieurs bêta lecteurice.s pour tester son personnage ♥

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