La genèse de L’Heureux élu, vraiment ?

Je suis partie d’un constat simple : les fanzineux adorent écrire des homoromances sombres et réalistes et j’aspirais, en tant que lectrice, à la même légèreté que celle qu’on trouve dans les yaoi. Je voulais des situations improbables et clichés, je voulais rire de sujets sérieux, je voulais une vraie plume littéraire et recherchée capable de rendre le meilleur et le pire de la langue.

Ma frustration de lectrice, m’a poussé à écrire. C’est cette même frustration qui m’anime depuis le début. Pourquoi écrire des fanfictions yaoi ? Parce que l’auteur laisse un vide, des non-dits et que le cerveau enthousiaste de la fujoshi cherche à le combler. Elle guette le moindre indice, l’échange verbal à double-entente, elle décrypte chaque émotion, chaque interaction et leur donne un nouveau sens. J’ai relu intégralement Kuroko No Basket pour faire la liste des échanges entre Kuroko et Kise afin d’écrire une fanfiction qui collait exactement au manga. C’est là toute l’étendue de ma monomanie.

Je n’ai pas trouvé de roman BL humoristique à mon goût et je me suis lancée dans une entreprise dont je n’avais pas anticipé un seul instant l’ampleur qu’elle allait prendre. C’est probablement très prétentieux de le formuler ainsi mais, même si j’en rêvais, je n’imaginais pas que cette fiction susciterait l’intérêt d’un éditeur montréalais.

Il fallait trouver un point de départ simple ; toute comédie commence par un quiproquo. Je voulais créer un couple dont l’un était ouvertement gay et l’autre totalement dans le déni, un peu à la Junjô Romantica. Mais il fallait éviter la lourdeur et ne surtout pas tomber dans le cliché assez offensant du gay qui poursuit un hétéro à base de bon gros harcèlement sexuel des familles comme la beauferie japonaise ne cesse de le faire sans complexe. Il fallait donc une contrainte extérieure assez puissante pour que le héros se prête à l’expérience d’une romance homosexuelle : d’où l’idée des montres.

L’introduction de cet objet faisait basculer le récit dans le genre de la science-fiction et il devait ainsi acquérir une dimension de satire sociale qui risquait de mettre en péril la dominante « comédie » que je voulais instaurer. C’est la raison pour laquelle, ces montres servent davantage à la dramatisation du récit qu’à un véritable propos philosophique. Néanmoins, un spin-off plus sérieux est prévu et on en voit les traces dans L’Heureux élu, vraiment ? si l’on est attentif.

L’Heureux élu, vraiment ? tome 1 c’est un périple de plusieurs années d’écriture, c’est une Yaoi/Yuri Con où on a fait soldout, c’est une année chez Homoromance édition, c’est plus de 500 exemplaires vendus dans le monde. Pas trop mal pour un fanzine, hein ?

J’espère que le tome 2 vous ravira parce que vous l’avez attendu pendant des années et qu’il est enfin là et que vous méritez de savourer sa lecture !

Avec amour,

Un mignon petit avatar en chibi de moi par la divine Poncho ! Ne suis-je pas adorable en avatar ?

I.H.

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